AquaVision 2018 a identifié l'innovation et la collaboration comme étant les éléments clés de l'avenir de la filière aquacole

15 juin 2018

Skretting/Jan Inge Haga

La 12ème édition d’AquaVision qui a eu lieu du 11 au 13 juin dernier à Stavanger, Norvège, a remporté un vif succès, avec presque 450 délégués de 45 pays

Sous la direction de l’ancien Secrétaire Général des Nations Unions, M. Ban Ki-moon, et de Son Altesse Royale la Princesse Héritière Victoria de Suède, pas moins de 26 intervenants inspirés et motivés ont participé aux débats sur la vision à long terme de l’industrie aquacole basée sur la Révolution Bleue, un concept évoqué pour la première fois dans un article du magazine anglais The Economist en 2003. Cette année, en plus du saumon, la conférence a également apporté une présentation plus large sur le développement et les opportunités concernant des espèces, telles que la crevette et le tilapia dans des zones en expansion comme l’Afrique et l’Asie.

Skretting/Jan Inge HagaDurant son discours d’ouverture, Knut Nesse a invité les membres de l’assemblée à réfléchir sur le sens, qui était donné à la Révolution Bleue 15 années plus tôt, et à la manière de la faire repartir par la collaboration et l’innovation, deux mots leitmotiv de cette conférence. Il a également mis en avant la gestion des maladies comme l’un des principaux défis auxquels l’industrie doit faire face pour sa croissance durable, mais il a aussi mentionné des initiatives positives, telle que la Global Salmon Initiative (GSI), le projet Pincoy au Chili, le Seafood Business for Ocean Stewardship (SeaBOS), l’Aquaculture Stewardship Council (ASC), le Sustainable Shrimp Partnership (SSP), un effort initié suite à AquaVision 2016 par l’industrie de la crevette équatorienne.

Aquavision 2018 fut également le point de départ de l’initiative d’un groupe de jeunes gens travaillant dans l’industrie norvégienne, de se rassembler pour débattre sur ce que l’industrie devait mettre en œuvre pour créer de la confiance et améliorer sa réputation à l’horizon 2030. Cette année, Nina Grieg, la directrice développement de Grieg Seafood's Business, et Mads Martinsen, Directeur Marketing de Skretting Norway, ont suggéré que la collaboration devrait inclure un plus grand nombre de jeunes gens dans la prise de décision et ont recommandé aux actuels leaders de participer plus activement au débat public, afin d’y apporter plus de transparence, d’engagement et de collaboration.

« Nous n’avons pas de plan B, parce que nous n’avons pas de planète B »

Skretting/Jan Inge Haga

Le discours principal de la rencontre a été présenté par l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon, qui a mis l’accent sur trois thèmes principaux : le changement climatique, la nécessité de mettre en œuvre nos Objectifs de développement durable (ODD) et la nécessité d’amplifier la participation du secteur privé à cette fin, et les efforts internationaux pour garantir la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau potable. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l’aquaculture est actuellement le secteur de production alimentaire qui croit le plus rapidement. En couvrant plus de 50 % du poisson consommé dans le monde, l’aquaculture contribue directement à la lutte contre la surpêche et à l’amélioration de la sécurité alimentaire mondiale et au progrès vers les ODD.

« L’aquaculture a fait preuve d’un engagement impressionnant dans le combat pour la sécurité alimentaire, contribuant au recul de la pauvreté, à l’amélioration de l’alimentation, du commerce et de l’emploi dans le monde, » a déclaré Ban Ki-moon. Il a poursuivi en mentionnant que l’aquaculture répond admirablement au changement des tendances mondiales, en termes de changement climatique, d’état de nos océans, de croissance de la population et de l’urbanisation, et il a vivement salué la dynamique de responsabilité sociale qui associe la recherche de la croissance et du profit aux efforts collectifs de la communauté internationale, pour parvenir à un développement durable et à la réduction de l’empreinte carbone.

Se référant au nouveau rapport des Nations Unies, qui révèle les effets néfastes des sacs plastiques sur la vie marine et l’environnement, en raison des plus de huit millions de tonnes de plastique déversées chaque année dans les océans, Ban Ki-moon a également encouragé l’ensemble des personnes assistant à AquaVision à s’engager davantage pour les océans. « Si cette tendance se poursuit, le rapport indique qu’à l’horizon 2050 il y aura plus de plastique que de poisson dans nos océans. »

Durant son discours, Ban Ki-moon a invité l’assistance à élargir les frontières et à « penser, vivre, travailler et rêver à l’échelle mondiale. Si vous y parvenez, et je suis certain que vous le pouvez, notre monde continuera à faire d’énormes progrès et à prospérer encore pendant de très longues années. »

Seafood Business for Ocean Stewardship (SeaBOS)

Skretting/Jan Inge Haga

Le dernier jour de la Conférence AquaVision, l’accent a été mis sur la manière dont la collaboration entre les acteurs principaux pouvait transformer le système mondial des produits de la mer. Le SeaBOS est un exemple simple et représentatif. Il s’agit d’une initiative qui, pour la première fois, met en lien l’industrie mondiale des produits de la mer et la science, la pêche en milieu sauvage et l’aquaculture, et les entreprises européennes et nord-américaines avec les entreprises asiatiques, avec pour ambition d’opérer une transformation mondiale pour une production durable des produits de la mer et la restauration des océans sains. Et ce, pour contribuer aux Objectifs de développement durables visés par les Nations Unies, et notamment l’objectif 14, Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines.

Son Altesse Royale la Princess Héritière Victoria de Suède, active militante et participante de cette initiative, a demandé à l’assemblée de travailler étroitement ensemble pour la production d’une alimentation saine et durable issue d’océans sains. Elle a également déclaré qu’une étroite coopération entre l’industrie et la science pouvait être un puissant moteur de changement.

« Je suis heureuse de vous voir agir pour une industrie durable des produits de la mer, et trouver de nouvelles solutions à la fois innovantes et commercialement viables » a-t-elle dit. « Mesdames, Messieurs les représentants de l’industrie aquacole, votre secteur est et sera crucial pour alimenter la population croissante, nous avons besoin de vous, et pour cela nous avons besoin d’océans sains. »

« Dans le combat contre la pauvreté, les inégalités et le changement climatique, les objectifs mondiaux pour un développement durable nous inspirent des outils, mais n’oublions pas que ce ne sont pas les outils qui changent le monde. Ce sont les gens. C’est Vous ! »

Conclusion

La conférence a été clôturée par Thérèse Log Bergjord, PDG de Skretting, laquelle a invité chacun à réfléchir sur les sujets les plus importants débattus durant les trois jours et sur la manière dont l’aquaculture pourrait innover et collaborer pour une croissance durable. « Nous avons fait tant de progrès, et il nous reste encore tellement plus à accomplir. N’hésitons pas à nous ouvrir au changement, restons en mouvement, et travaillons ensemble pour alimenter le futur en produisant des protéines saines et équilibrées, qui répondent aux besoins d’une population croissante. 

Skretting/Jan Inge Haga